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Le vocabulaire complexe

Les aspects qui rendent le vocabulaire complexe

Le vocabulaire, incluant le vocabulaire complexe, est un pilier de la communication humaine, s’articule à travers diverses facettes. Souvent associé à l’aspect orthographique, le vocabulaire comporte d’autres dimensions qui lui confèrent une profondeur et richesse fascinantes. Au cœur de ces autres dimensions, le vocabulaire est « sémantique », c’est-à-dire qu’un mot est porteur de sens. De plus, certains mots ont une dimension « morphologique » et « syntaxique ». Ces dimensions fournissent du sens aux mots et informent de leur utilisation dans des phrases. Loin d’être une liste de mots en ordre alphabétique comme dans les dictionnaires, le vocabulaire s’organise en réseau. De multiples connexions relient les mots de vocabulaire entre eux. Ils s’entrelacent en un réseau sémantique, se regroupent en catégories, créant des relations subtiles. Cette organisation riche et profonde qui ne cesse d’évoluer et de se réorganiser avec l’apprentissage permet de mieux comprendre comment accompagner tous les apprenants à développer leur vocabulaire. 

La complexité de l’organisation et des interrelations du vocabulaire

L’organisation du vocabulaire établit diverses relations entre les mots. L’organisation, bien que complexe, n’est pas hasardeuse. D’abord, des mots peuvent se conceptualiser en catégorie. Par exemple, « chien, chat et lapin » se classent dans différents concepts : « animal », « mammifère » ou « être vivant ». C’est ce que l’on nomme hyperonymie. De plus, le mot « chien » se subdivise en d’autres catégories. « Berger allemand et labrador » sont des mots plus précis, c’est ce qu’on appelle l’hyponymie. Ensuite, un mot de vocabulaire désignant un tout peut se subdiviser en partie. Par exemple, « chair, pédoncule et pépin » sont des parties du tout « pomme ». Finalement, le vocabulaire est également en interrelation à partir de champs lexicaux. C’est-à-dire que des mots sont liés par des situations. « Chien » s’associé à « animaux domestiques, jappement, aboyer, morsure, dresser… ». 

Vocabulaire complexe et richesse sémantique  

Les mots possèdent une diversité sémantique fascinante. Ils possèdent une multitude de sens subtils qui permettent de varier ses propos ou de les nuancer. D’abord, la création de liens entre des antonymes et des synonymes permet d’enrichir le vocabulaire. Il y a des antonymes et synonymes qui s’équivalent plus que d’autres au niveau du sens. Toutefois, rares sont ceux qui possèdent une équivalence parfaite. Certains peuvent s’interchanger alors que d’autres, non. Par exemple, « immense » ne s’emploie pas dans la phrase « C’est un grand homme ». Une autre dimension nuance et enrichit le vocabulaire : la troponymie. Ce phénomène linguistique permet de nuancer un verbe en précisant comment l’action se réalise. Le troponyme offre une compréhension plus fine. Par exemple, « gambader ou se balader » apporte une légèreté à l’action de « marcher ».  Toutefois, utiliser le mot « boiter » transmet l’idée d’une marche plus difficile.

La polysémie constitue un autre phénomène linguistique captivant. Comme locuteur expert, nous sommes peu conscients de cette dimension langagière qui est très fréquente. Pourtant, cette complexité linguistique entraine des défis pour les jeunes qui ont des difficultés d’apprentissage. La polysémie désigne la capacité d’un mot à posséder plusieurs significations distinctes. La signification appropriée d’un mot dépend du contexte dans lequel il se trouve. Par exemple, « prendre » dans « prenez votre crayon » évoque l’action de saisir quelque chose avec sa main . Toutefois, ce mot signifie « attraper » dans « la police a pris un voleur ». Il peut aussi signifier « devenir consistant » comme dans « la gelée a bien pris ». De plus, le sens de certains mots concrets peut avoir un sens figuré. Par exemple, « froid » peut signifier « une personne qui est distante ou non chaleureuse ».

Le développement du vocabulaire après 5 ans

Avant l’âge de 5 ans, le développement du vocabulaire d’un enfant est impressionnant. La quantité de mots de vocabulaire compris et exprimés augmentent de façon fulgurante. L’enfant utilise le monde qui l’entoure pour apprendre des noms communs, des verbes et des­ adjectifs. Ensuite s’acquièrent les déterminants, prépositions, conjonctions et adverbes. À partir de 6 ans, le vocabulaire continue de se développer et, surtout, de s’enrichir. À partir de cet âge, l’enfant peut comprendre la polysémie des mots et les synonymes. Un mot peut donc avoir plusieurs sens et un objet peut être étiqueté par plus d’un mot. Entre 5 et 9 ans, l’enfant raffine des concepts de temps (ex. pendant que, au même moment). Il enrichit sa compréhension de relations spatiales (ex. à gauche, alentour de). Il comprend les adjectifs de façon figurée. Et finalement, des termes plus abstraits comme « le mensonge, la vérité, l’amour » se développent.

Trois stratégies pour enrichir le vocabulaire des apprenants

Une des recommandations pour enrichir le vocabulaire complexe est d’exploiter les contextes. Ceux-ci permettent d’enraciner les mots de vocabulaire en créant, solidifiant et réorganisant les liens entre eux. Le contexte peut être évoqué à partir d’une situation vécue ou imaginée. Exploiter des exemples variés et ciblés permet de consolider le sens d’un mot. De plus, consolider les apprentissages nécessite de répéter et réutiliser le vocabulaire dans des activités variées, impliquant de nouveaux contextes. Finalement, exploiter des « définitions personnelles » plus accessibles que celles dans les dictionnaires est une stratégie gagnante. Par exemple, la définition de « liberté » dans le dictionnaire est « état, situation d’une personne indépendante, libre ». Toutefois, dire « c’est quand je peux faire ce que je veux » facilite l’accès au sens du mot. De plus, faire des liens avec des situations vécues par les jeunes favorise grandement le maintien et le transfert des apprentissages (ex. la liberté de sortir).

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2 réponses

  1. Le vocabulaire se développe aussi à travers les livres et d’autant plus lorsque l’enfant devient lecteur.
    C’est l’apport du langage écrit qui garantit la progression du langage, apporte les nuances lexicales.
    Merci, Audrey, de lever ce sujet.

    1. Merci Michèle pour cet ajout! En effet, la lecture est un excellent moyen d’enrichir son vocabulaire. Les intervenants sont des personnes essentielles qui peuvent amener les apprenants à prendre conscience du vocabulaire présent dans les livres en le rendant explicite et saillant.

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